Cinq heure un quart le jour se lève
Brouillard lourd que rien ne soulève
Sur les visages glisse la nuit
Tout le village est endormi
Et sur la place d’Aube l’Épine
Le clocher sonne les Matines
Drôles de matins
Drôles de matins, matins
Pour Kyrielle, le songe s’achève
Le réveil éponge ses rêves
Méandre couché dans son lit
Au même instant se lève aussi
Et sur la place d’Aube l’Épine
S’éveillent voisin et voisine
Drôles de voisins…
Tous deux à chaque jour qui passe
Font leur travail avec courage
Elle refait les lits sans relâches
Au petit hôtel du village
Tandis qu’il s’atèle à sa tâche
Malgré les brumes et les nuages
Perché en haut de ses échasses
Il traverse les marécages
Les journées, les nuits sont trop brèves
Pour ceux qui travaillent sans trêve
Les jeunes gens qui vivent ici
Rêvent souvent d’une autre vie
Et sur la place d’Aube l’Épine
Tandis que le soleil décline
Garçon et fille ont triste mine
Demain recommence la routine
Drôles de destins…
Drôles de matins